La première mission de terrain
Dans un premier temps une enquête exploratoire a été effectuée dans le village du 25 Juillet au 03 Août 2011 grâce à notre participation à la sortie pédagogique de fin d’année du Master Sciences de l’Environnement (MSE). Le but a été de s’imprégner des réalités socio-économiques du milieu, d’en faire l’état des lieux, de voir les évolutions des activités du Programme Ecovillages (PE) et de noter les différents acquis. Durant cette phase, des données qualitatives et quantitatives ont été collectées auprès de la presque totalité des dépositaires d’enjeux concernés (Imam, prêtre, chef de village, agriculteurs, éle0veurs, comités villageois, groupements des femmes, Infirmier chef de poste de Sandiara, partenaires au développement, PCR, Agent permanent de l’ANEV etc.) Les étudiants présentaient les résultats d’enquêtes des journées toutes les soirées sous l’assistance des professeurs qui les avaient accompagnés et encadrés pour la réussite de cette étude. Ces résultats avaient permis de déterminer le rôle de la femme dans la société et dans l’assurance de la subsistance de son ménage. De ce fait la femme n’est pas discriminée dans l’échantillon. Cette mission exploratoire a aidé à bien élaborer nos fiches d’enquête qui ont pris en charge les différents points essentiels que l’étude a permis de relever.
La revue documentaire
La revue de la littérature a été réalisée avant et pendant le travail de terrain et fut antérieure à l’élaboration des fiches d’enquêtes. Elle s’est poursuivie durant toute la phase de rédaction du document. Cette partie a permis de passer en revue des articles scientifiques, rapports d’étude, mémoires, thèses, communications, livres/ouvrages, comptes rendus et cartes afin de mieux explorer la question du changement climatique. Ces informations ont été obtenues au niveau des bibliothèques (UCAD, FST, ISE), d’instituions comme le CSE, la DEEC, l’ISRA, l’ANEV etc. Des informations complémentaires obtenues sur internet ont été prolongées par des entretiens semis structurés individuels avec des personnes ressources ayant une expertise sur la problématique du changement climatique.
En effet, la mission exploratoire et la recherche documentaire ont permis en définitive de mieux circonscrire notre thème d’étude, d’affiner les objectifs de recherche de même que les outils de collecte des données.
Choix de la zone d’étude
Le village de Mbackombel est localisé dans la Région de Thiès, Département de Mbour, Arrondissement de Sessène, Communauté Rurale de Sandiara. Cette dernière couvre une superficie de 446ha.
Ce village retenu parmi d’autres par le Programme Ecovillages (PE) pour la réalisation de ses activités, fait parti des Ecovillages dont la presque totalité des composantes du programme y est mise en œuvre. Il est présenté comme modèle à travers la presse et plusieurs autorités du pays et des étrangers s’y étaient rendus pour le visiter. De plus beaucoup d’études ont été déjà réalisés dans cette localité. C’est ce qui a justifié le choix de ce site. En effet, un inventaire systématique des réalisations faites par l’état et/ou les partenaires au développement en général et par l’ANEV en particulier est effectué.
L’échantillonnage
L’unité d’échantillonnage choisi est le ménage. A ce propos est considéré comme ménage, tout couple marié ou adulte (marié ou célibataire) indépendant du point de vue revenu que logement. Tout individu hébergé gratuitement et/ou assisté financièrement est en revanche compté dépendant du ménage d’accueil (définition du ménage par les enquêtes démographiques de santé : EDS 1 et EDS 2, 1992).
Ainsi, dans chaque ménage un questionnaire est administré de manière aléatoire aux personnes selon la catégorie d’âge et le sexe. Cette technique où le hasard va jouer dans la désignation des personnes à enquêter, nous a permis d’interroger les trois classes d’âge (adolescent, adulte et vieillard) et de diversifier les réponses obtenus.
Dans l’ensemble, 74,1% des personnes enquêtées sont des hommes. L’âge des personnes enquêtées est supérieur ou égal à 20 ans.
L’enquête sur le terrain
L’enquête proprement dite a été déroulée du 20 au 27 Décembre 2011. Pour ce travail, les méthodes d’enquêtes telles que les entretiens structurés et les entretiens semi-structurés individuels et de groupe homogène ont été utilisées. Les données ont été recueillies à l’aide des outils tels que le questionnaire et le focus groupe (Photos 01, 02 et 03).
Photo 1-Administration d’un questionnaire auprès d’un homme
Photo 2- Focus group avec des femmes
Photo 3- Focus group avec des hommes
Ces outils de collecte de données (annexes 01) ont été en partie élaborés en s’appuyant sur l’outil cristal 4.0 de Novembre 2008. Cet outil a été mis au point conjointement par l’Institut International du développement durable (IIDD), l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), le Stockholm Environment Institute à Boston (SEI-B) et Intercoopération. L’outil cristal permet d’aider les utilisateurs à mieux comprendre les liens qui existent entre les risques du climat et les moyens d’existence des populations. Ce faisant, des stratégies d’adaptation et d’atténuation réussies peuvent être mises au point et mieux appuyées au niveau local.
Le traitement des données
Les données quantitatives obtenues à partir du questionnaire, ont été traitées avec les logiciels Spss, Sphinxplus2 (version2000). Le traitement des données obtenues à partir des questions ouvertes du questionnaire, de même que celles qualitatives acquises à partir des guides d’entretien, a été fait par une exploitation du fond.
Les difficultés rencontrées
L’intervention du programme Ecovillages dans la zone d’étude et les difficultés des conditions de vie des populations, les ont laissées en attente à une solution meilleure. Ainsi, sur les questions relatives aux productions agricoles et pastorales ou au revenu, nombre d’enquêtes n’a pas pu ou su apporter une réponse satisfaisante. En effet, certains chefs de ménage pensent que nous sommes délégués par le programme Ecovillages et craignent que l’enquête ne soit exploitée par les responsables du programme. Cette méfiance tient du fait qu’ils craignent d’être désavantagés au cas où le programme apporterait des aides. Par ailleurs, pour les questions concernant les activités du programme, le refus des populations à évoquer des imperfections a été noté. Dans la réalité, le biais d’attente a pu influencer cette étude.
Les limites de l’étude
Une telle étude nécessite de recueillir des données sur les paramètres climatiques (pluviométrie, température, vent, évapotranspiration etc.) dans les stations météorologiques et d’analyser leurs évolutions sur une période de quelques décennies. Mais des contraintes de temps ne nous ont pas permis de faire cette partie de l’étude devant permettre de caractériser la variabilité climatique de la zone étudiée. Par ailleurs, la réalisation du bilan carbone est aussi nécessaire pour mesurer les quantités de GES évités et/ou séquestrés grâce à l’intervention du programme Ecovillages dans le village. Malheureusement, la possibilité de trouver un expert dans l’inventaire des GES pour une assistance, a fait défaut. De ce fait, cette partie de l’étude extrêmement importante n’a pas pu se réaliser.
