Nouveau moyen de lutte chimique contre le ZYMV

Voie mécanique

La transmission peut se faire à travers des petites blessures produites par des outils de manipulation, par des sécateurs au cours d‟opérations de récolte, des mouvements d‟équipements par contact (frottement) entre les feuilles (PVPR, 2005).

Pucerons

Le vecteur prélève le virus dans une plante malade et l‟inocule à une plante saine. Il contribue efficacement à la survie et à la dissémination spatiale du virus. Les espèces du genre Potyvirus sont des virus transmis par des pucerons selon le mode non persistant (le temps d‟acquisition du virus par le puceron est très court, ainsi que le temps d‟inoculation à une nouvelle plante). Les pucerons, qui constituent le groupe de vecteurs de phytovirus le plus important, sont des insectes piqueurs-suceurs dont les pièces buccales (le stylet) sont particulièrement adaptées à la transmission des virus. L’acquisition du virus sur une plante infectée et la transmission à une plante saine par le vecteur se fait au cours de piqûres d’épreuves, brèves (quelques 10èmes de secondes). La rétention du virus s‟effectue sur la partie distale du stylet, où le canal alimentaire et le canal salivaire sont fusionnés. Le virus ne se multiplie pas dans le vecteur, et le puceron reste virulifère (capable de transmettre le virus après l‟avoir acquis) de quelques minutes à quelques heures. Le puceron peut inoculer le virus immédiatement (sans temps de latence) à la prochaine plante testée, puis le virus est dénaturé ou n‟est plus infectieux au bout de quelques piqûres. Ce mode de transmission est très efficace et peut permettre la propagation de la maladie dans une culture sans que la population de puceron soit importante. (Costa, 2003).

Diagnostique du ZYMV

Les méthodes utilisées pour la détection du ZYMV ont beaucoup évoluées et ne cessent de se perfectionner.
Dans les études de l‟écologie et de la variabilité biologique virale beaucoup d‟avancées ont été enregistrées (Gueye, 2006).
Les méthodes biologiques, se basent sur des symptômes caractéristiques que le virus provoque spécifiquement sur une série de plantes hôtes et /ou sur le mode de transmission de la virose. C‟est une voie longue, complexe et incertaine (Gueye, 2006).
Les méthodes sérologiques sont utilisées depuis de nombreuses années pour le diagnostic de maladies. L‟enzyme-linked immunosorbent assay (ELISA) décrite pour la détection des virus de plantes par Clark et Adams en 1977, permet de s‟affranchir des incertitudes liées à l‟étude des symptômes et d‟affirmer qu‟une plante est effectivement infectée par un virus. Les anticorps utilisés, les antisérums polyclonaux (AsP) et les anticorps monoclonaux (AcM) sont dirigés contre la protéine de capside du virus (Costa, 2003).
Les méthodes moléculaires permettent l‟étude directe de la séquence des virus et de mettre en évidence la variabilité au niveau de chaque nucléotide ou acide aminé, indépendamment de toute sélection phénotypique. Les études moléculaires permettent d‟estimer le taux d‟apparition de mutations, y compris dans le cas de mutations neutres, n‟ayant aucun effet biologique ou antigénique chez un virus donné. L‟évolution des techniques moléculaires avec tout d‟abord l‟amplification des génomes par „Reverse Transcription‟ et „Polymérase Chain Reaction‟ (RT-PCR) va permettre d‟étudier directement le génome du virus (Costa, 2003).

Symptômes

Sur les feuilles

Le feuillage montre des symptômes de mosaïque (alternance de couleur jaune, vert clair et vert sombre) ou de jaunissement, souvent associé à des déformations foliaires importantes (feuille filiforme ou enroulement des jeunes feuilles). Une réduction de la taille des plantes est aussi souvent observée. Les feuilles sont très petites avec un éclaircissement du limbe, le long des nervures, et des tâches ou cloques vert foncé. (PVPR, 2005).

Sur les fruits

Le virus peut causer de graves déformations du fruit, ils sont souvent mosaïqués (avec des stries vertes), flétris et bosselés, ce qui réduit leur valeur commerciale. Les chutes de rendement que provoque le virus peuvent atteindre 95% si l‟infection est précoce (PVPR, 2005).

Méthodes de lutte

Le ZYMV, tout comme la plupart des virus de plantes, provoque une maladie généralisée et incurable. C‟est pourquoi les seuls moyens de lutte dont on dispose contre le ZYMV sont des moyens de lutte préventifs, visant surtout à éviter ou à retarder les infections. L‟effet d‟une infection par le ZYMV sur le rendement sera d‟autant plus grave que l‟infection est précoce (PVPR, 2005).

Prémunition

Le phénomène de protection croisée entre souches d‟un même virus a été mis en évidence en 1929 par Mc Kinney, mais son utilisation comme une méthode de lutte contre les virus (la prémunition) est beaucoup plus récente. Ce phénomène repose sur deux propriétés des virus : une plante infectée par un virus le reste toute sa vie, et elle ne peut généralement pas être contaminée par une autre souche du même virus. La prémunition consiste donc à inoculer une plante saine avec une souche faible du virus à combattre, c‟est-à-dire une souche provoquant des symptômes atténués et sans incidence économique. La souche faible va protéger la plante et empêcher toute contamination ultérieure par une souche sévère du même virus. Dans ces conditions la plante infectée développera des symptômes atténués au lieu des symptômes sévères. La découverte d‟une souche faible de ZYMV (ZYMV-WK), a permis d‟utiliser cette méthode de lutte sur courgette. Une souche atténuée que l‟on souhaite utiliser dans la pratique doit répondre à un certain nombre de critères, comme : provoquer des symptômes faibles, ne pas affecter le rendement de la plante, être stable génétiquement, être efficace vis à vis du plus grand nombres de souches possible, être facile à multiplier. La principale limite de cette technique est sa spécificité. La protection sera d‟autant plus efficace que les souches faibles et sévères seront proches génétiquement (Costa, 2003).

Contrôle chimique

Aucun insecticide n‟est actuellement capable de tuer un puceron en un laps de temps assez court (quelque dizaines de secondes) pour éviter la transmission des virus non persistants. Toutefois, certains insecticides comme les Pyréthrinoïdes semblent perturber le comportement des pucerons et les empêchent de piquer efficacement les plantes. Pour lutter contre la dissémination de certains virus non persistants (comme le ZYMV) en Israël et aux Etats-Unis, des huiles minérales ou végétales sont utilisées. Elles semblent empêcher la fixation des particules virales au niveau du stylet du puceron lors de l‟étape d‟acquisition du virus (Costa, 2003).

Contrôle biologique

Le ZYMV qui est véhiculé par plusieurs espèces de pucerons sous le mode non persistant, connait des taux de transmission de 70% à 90% respectivement avec Aphis gossypii et Myzus percicae (Gueye, 2006). Le virus peut alors être contrôlé à travers ses vecteurs biologiques. L‟hyménoptère parasitoïde Aphidius colemanii spécifique de trois pucerons sur les quatre principales (Myzus percicae, Aphis gossypii Anlacorthum solani) sera introduit à la dose de l’Aphidius colemanii pour 10 pucerons. Trois à quatre lâchers seront nécessaires soit un apport moyen de 2 à 3 Aphidius colemanii par m². Sachant que la lutte contre Aphis gossypii reste difficile en période plus chaude. Une autre méthode visant à introduire Aphidius colemanii plus précocement en cultures a été mis au point contre Aphis gossypii. (Guet, 2003).

Pratiques culturales

Les pratiques culturales qui suivent sont susceptibles de retarder le développement d‟une épidémie virale et d‟avoir un effet positif sur le rendement.
Au stade pépinière les jeunes plants sont élevés dans des abris bien entretenus, protégés par un filet anti insecte et rapidement traités par un aphicide après la germination. Avant la plantation un désherbage soigneux aux abords des parcelles doit être réalisé pour éliminer les sources de virus et de pucerons vecteurs à proximité de la culture.
En cours de culture les plantes qui présentent des symptômes sont éliminées afin de limiter les sources d‟infection. On évite d‟installer des jeunes cultures à côté d‟anciennes car une culture âgée risque d‟être déjà contaminée et peut constituer une source abondante de virus ou de vecteurs pour une jeune plantation. Des bandes de plastique jaune enduites de graisse et disposées verticalement autour de la culture pour attirer et piéger les pucerons, réduisant ainsi le taux d‟infection virale. On élimine les mauvaises herbes susceptibles d‟héberger des pucerons. Il est aussi important de limiter les mouvements d‟équipements et des laboureurs afin d‟éviter la transmission mécanique sans oublier de suivre le programme de contrôle chimique (PVPR, 2005).

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