CONCEPTION DE SITUATIONS D’APPRENTISSAGE

CONCEPTION DE SITUATIONS D’APPRENTISSAGE

Problématique Suite aux expérimentations du logiciel PEPITE en formation continue ou dans des classes, les enseignants ont exprimé le besoin de pouvoir disposer des situations d’apprentissage adaptées aux stéréotypes en algèbre élémentaire révélés par le diagnostic (Delozanne et al. 2002a, Vincent 2005). Il leur semblait souvent difficile de caractériser de telles situations afin de répondre aux difficultés spécifiques liées à certains profils d’élèves.

Nous avons donc développé les questions suivantes, au centre du troisième axe du projet, à partir de cette demande des professeurs expérimentateurs : Comment déterminer des familles de situations d’apprentissage informatisées, visant à faire évoluer des stéréotypes en algèbre et adaptées aux profils d’élèves identifiés par PÉPITE puis reformulés par PÉPISTÉRÉO ? Comment générer automatiquement de telles situations, afin d’envisager des parcours différenciés d’apprentissage en algèbre ?

Point de vue en didactique des mathématiques : situations d’apprentissage en algèbre élémentaire

Objectifs d’apprentissage en algèbre

Tout comme l’axe diagnostic, l’axe apprentissage du projet s’appuie sur le modèle multidimensionnel de la compétence en algèbre, conçu par Grugeon [Grugeon 1995] à partir de travaux de didactique réalisés dans le domaine algébrique. Cette fondation commune nous permettra d’ailleurs d’envisager aisément l’articulation entre ces deux axes.

Figure 1 : Découpage multidimensionnel du savoir algébrique [Grugeon et al 2003 extrait] Ce modèle nous sert ici de référence sur le savoir algébrique à enseigner : il nous permet de distinguer et de caractériser les objectifs d’apprentissage, auxquels se rattacheront les situations d’apprentissage envisagées. Ainsi chacune de ces situations sera associée à une ou plusieurs feuilles de la représentation arborescente schématisée ci-dessus.

Dans la suite, nous étudierons plus particulièrement deux objets de savoir algébrique : la mise en équation de problèmes arithmétiques au sein de la dimension outil, et l’interprétation d’expressions algébriques au sein de la dimension objet. AD22 Rapport de fin de projet Page 72 Axe apprentissage École et sciences cognitives : Les apprentissages et leurs dysfonctionnements 2.2.2. Situations d’apprentissage en algèbre élémentaire

Dans la théorie des situations didactiques [Brousseau 1986], interroger la capacité d’une situation d’enseignement à provoquer des apprentissages, et caractériser les objets de ces apprentissages, renvoie d’une part à la notion de situation fondamentale et d’autre part à celle de milieu a didactique. a) La notion de situation fondamentale Cette notion est plus spécifiquement liée aux questions relatives à l’acquisition d’un savoir donné.

Une situation fondamentale est définie comme une situation a-didactique générale et génératrice, caractéristique de ce savoir. Les différentes valeurs des variables d’une telle situation permettent d’engendrer des situations qui représentent les diverses occasions d’emploi du savoir concerné, et qui font apparaître le savoir visé comme le moyen d’obtenir une procédure optimale [Brousseau 1982]. Relativement aux objets de savoir algébrique considérés,

il est possible d’utiliser un point de vue théorique en lien avec la notion de situation fondamentale pour analyser des classes de problèmes ou de tâches qui font intervenir ces objets. Il s’agit de considérer des problèmes comme dégagés de toute intentionnalité didactique, ainsi que comme des représentants particuliers d’un problème plus général, en envisageant certains de leurs éléments constitutifs comme des instanciations particulières de variables.

S’agissant de l’étude d’une classe de problèmes ou de tâches (et non de situations), nous parlerons de problème fondamental. Cette notion n’est bien sûr pas étrangère à celle de situation fondamentale puisqu’il s’agit d’opérer un découpage didactique du savoir : « La problématique des situations fondamentales, c’est de se demander s’il existe un problème, ou plutôt un réseau de problèmes ayant pour solution le savoir visé » [Bloch 2001].

Pour construire des prototypes de problèmes générateurs et déterminer des variables pertinentes par rapport aux objets de savoir algébrique en jeu dans ces problèmes, nous utilisons des résultats d’ordre épistémologique établis par des chercheurs de l’équipe DIDIREM : Bardini et Coulange, dans le domaine de l’algèbre élémentaire. Concernant l’interprétation d’expressions algébriques dans la dimension objet, nous nous appuyons sur les travaux de Bardini [Bardini 2003b].

Dans le dernier chapitre de sa thèse, C. Bardini définit un modèle didactique pour le paramétrage de situations qui font intervenir des écritures algébriques. Une expression algébrique est représentée comme un arbre structuré par des assembleurs qui sont des opérateurs unaires ou binaires (+, -, x, /, …). Chaque assembleur dans l’expression algébrique se voit ainsi attribuer un niveau.

La complexité d’une expression algébrique peut être alors définie en fonction des variables didactiques suivantes : les constantes, les variables désignées par des lettres a, b, …,z ; les opérateurs unaires (racine carrée, carré, opposé, etc.) et binaires (addition, différence, multiplication, quotient…), le niveau de l’arborescence (donné par l’assembleur de plus haut niveau) et sa structure interne.

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