La structuration du travail :
Pour répondre à la question principale, ainsi qu’aux questions secondaire, nous avons proposé un plan composé de quatre chapitres. Le premier chapitre est intitulé: «Les investissements directs étrangers: éléments théoriques et actualité du phénomène »; dans lequel on a va procéder à la définition des IDE ainsi qu’à les différencier des investissements de portefeuilles. On va aussi s’intéresser à leurs caractéristiques et à leurs différentes formes. Nous évoquerons d’autre part, l’actualité et l’importance du phénomène à l’échelle mondiale, les différentes théories explicatives des IDE et enfin nous présenterons les impacts et les enjeux des IDE sur les pays hôtes et les pays d’origines. Le deuxième chapitre est intitulé: » Evolution de la théorie de la croissance ». Dans ce chapitre, on va évoquer, essentiellement, les contributions des différentes écoles et chercheurs économiques dans le développement de la théorie de la croissance, et ce en commençant par l’analyse classique d’Adam Smith et de David Ricardo; en passant par l’analyse de Shempéter, l’analyse Keynésienne de Harrod et Domar, l’analyse néoclassique de Solow et en arrivant à l’analyse endogène de la croissance.
Le troisième chapitre est intitulé : « Les investissements directs étrangers en Algérie ». Dans ce chapitre on va aborder plusieurs points dont, notamment, les objectifs des mesures prises par les pouvoirs publics dans le cadre de la loi de finance complémentaire de 2009 en matière des IDE et les réactions des différents acteurs internes et externes; le diagnostic du phénomène de l’IDE en Algérie à travers son encadrement juridique, son évolution dans le temps et sa répartition géographique et sectoriel. Le quatrième chapitre est intitulé: « la contribution des IDE dans la croissance économique algérienne ». Ce chapitre est d’ordre pratique dans lequel on va construire un modèle de régression linéaire qui met en relation le taux de croissance économique et les différents facteurs explicatifs dont notamment les IDE. A l’issue de notre étude, dont nous allons se référer à des auteurs de renommé tel que: Paul Krugman, Dominique Salvatore et Grégory Mankwin, nous espérons réussir à répondre à notre problématique principale d’une part et à toutes les autres questions secondaires d’autre part.
La théorie des imperfections du marché : Un marché imparfait est «un marché dans lequel il existe un déséquilibre entre les entreprises qui possèdent les ressources adéquates, développées ou acquises, et celles qui en sont dépourvues»1. Mais comment l’imperfection du marché peut être à l’origine des IDE? L’idée est la suivante; Une entreprise qui veut s’installer à l’étranger est souvent confrontée à plusieurs coûts et à plusieurs contraintes qui sont à l’origine d’un désavantage et d’une faiblesse par rapport aux concurrents locaux2. Parmi ces contraintes on peut citer: les coûts d’opérer à distance qui engendrent des frais de voyage et de communication, la méconnaissance des lois, des coutumes et de la langue, un désavantage foncier………..etc. Pour pouvoir surpasser toutes ces contraintes et rivaliser avec les concurrents locaux, la firme doit avoir des avantages spécifiques ou monopolistiques qui vont constituer un contrepoids de la méconnaissance des conditions de production à l’étranger3. Cette idée était développée par Hymmer en 1960, qui était «le premier à énoncer le paradoxe suivant: comment une firme qui s’implante à l’étranger et subit de ce fait des coûts de délocalisation de sa production peut rester compétitive face aux entreprises locales, qui au contraire, produisent sur leur propre marché, ont une meilleure connaissance de l’environnement économique local et ont la faveur de leur gouvernement? La réponse est qu’une firme s’implante à l’étranger pour exploiter « des avantages spécifiques » qui peuvent être de plusieurs ordres : technologies, ressources en capitaux, économies d’échelle, différenciation des produits, ressources managériales ou tout autre facteur qui procure un avantage à la firme étrangère par rapport à la firme locale sur un marché national donné. Ce sont ces avantages possédés par l’entreprise étrangère sur les firmes locales qui leur permettent de les concurrencer sur leurs territoires nationaux, de s’imposer sur leurs marchés et de surmonter les coûts d’implantation à l’étranger»1.
1)- Avant la première guère mondiale : Cette période était caractérisée par la domination britannique. En effet, l’étendue de sa couverture géographique en tant que puissance impériale lui offrait de nombreuses possibilités sur les différents continents. D’autre part, le régime de libre échange qu’elle avait imposé et le rôle très important joué par la place de Londres, comme marché de financement international, l’ont permise d’être le premier investisseur mondial à l’étranger. Les investissements directs étrangers britanniques, dans cette période, étaient concentrés dans le secteur bancaire et financier. Ces flux étaient destinés pour le financement des infrastructures de base comme l’éclairage public, les adductives d’eau et de gaz, les transports urbains et les chemins de fer. Ceux-ci avaient pris une importance particulière dans la mesure où ils facilitaient l’importation des matières premières et l’exportation des produits manufacturiers vers et de l’Angleterre. Après le secteur financier, c’est celui des mines dont s’étaient intéressés les investissements directs étrangers britanniques. Ceux-ci avaient sous leurs mains les mines d’or et de diamant de l’Afrique du sud et de l’ouest, les mines de cuivres d’Afrique et d’Amérique du sud ainsi que les mines d’étain en Malaisie et en Bolivie37.
Quand au secteur industriel, on peut citer les opérations de filature de jute et de coton en Inde, les usines sidérurgiques et métallurgiques, les usines de pâte à papier au Canada et en Russie. À signaler que devant l’Asie et l’Amérique latine, les Etats-Unis étaient la première destination des investissements directs étrangers britanniques. Après la Grande Bretagne, c’est les Etats-Unis d’Amérique qui venaient en deuxième position. Les investissements directs étrangers américains étaient orientés principalement vers des activités de distribution pour accroître les ventes à l’étranger. Le niveau faible des investissements directs étrangers américains dans le secteur des mines, par rapport aux investissements britanniques est du à la disponibilité, sur le sol Américain, des ressources minérales comme le pétrole, le cuivre et le fer. Généralement, en 1914, la Grande Bretagne, les Etats-Unis d’Amérique, la France et l’Allemagne, réunis, étaient à la source des investissements directs étrangers et la moitié de ces investissements étaient destinés vers les pays en voie de développement. Les distances physiques, linguistiques, culturelles et politiques étaient des facteurs clés quant à la localisation des investissements directs étrangers. C’est dans cette logique que les pays ayant des colonies (G.B, France, Belgique) avaient favorisée ces destinations. Quant aux investissements directs étrangers américains, ils étaient orientés vers des zones et des pays voisins comme le Mexique, Canada, Caraïbe et Amérique latine.
L’évolution des IDE en 2010:
Selon le rapport de la CNUCED de 2011, les investissements directs étrangers (IDE) ont atteint, en 2010, 1240 milliards de dollars, soit +5% par rapport à 2009 (cette année-là, ils avaient plongé de plus de 30%). Toutefois, ils restent 15% inférieurs à leur niveau d’avant la crise45. L’industrie a retrouvé des couleurs. Secteur prioritaire il y a quelques années, les services ne représentent plus en 2010 que 30% des IDE, contre 48% pour le secteur manufacturier et 22% pour les matières premières et l’agriculture. Les IDE américains ont augmenté de 153 milliards à 228 milliards de dollars. Mais, sans surprise, les économies émergentes, qui tirent la croissance mondiale, sont les plus attractives. Pour la première fois, les pays en développement et en transition ont absorbé en 2010 plus de la moitié des IDE. Les plus fortes dynamiques se situent en Asie du Sud-est (la Chine reste un centre d’attraction avec Hongkong) et en Amérique latine, tirée par la locomotive brésilienne. Les investissements, soutenus par la perspective de l’organisation des JO et de la Coupe du monde de football, ont rebondi de 26 à 48 milliards. Selon le rapport, ces pays sont devenus des pôles très importants de consommation. Il est aujourd’hui primordial pour les multinationales d’y avoir des centres de production. Les entreprises, y compris dans les services, n’y vont plus seulement pour profiter de faibles coûts de production. Autre évolution importante, les émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Corée, Singapour, Hongkong…) ne sont plus seulement des terres d’accueil des investisseurs, mais investissent eux-mêmes massivement hors de leurs frontières (30% des «flux sortants»). Ils misent en priorité dans les pays du Sud. Ces États, Chine en tête, cherchent à sécuriser leur accès aux matières premières – minières, agricoles et énergétiques – notamment en Afrique46.
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