L’AIDE PUBLIQUE AU DEVELOPPEMENT DANS
L’ECONOMIE DU VIETNAM
La tendance actuelle de l’APD
Pourquoi l’aide au développement et d’où vient cette idée ? Pour y répondre, Il est essentiel de concevoir l’origine de l’aide, les incitations qui ont mené les pays donateurs à l’octroi de celle-ci, pour appréhender ses implications ou non dans le développement des pays qui en bénéficient.
Historique de l’Aide
La genèse de l’aide est marquée par l’initiative d’aide des Etats-Unis d’Amérique suite au séisme au Venezuela en 1812, à travers le vote du congrès américain du premier acte humanitaire d’Etat : « Act of Relief of the Citizens of Venezuela1». Quant aux Européens, le Royaume-Uni vote en 1940 le « Colonial Development and Welfware Act2 » pour les colonies anglaises, destiné notamment pour le développement de ses colonies. Cependant l’aide au développement moderne n’apparait qu’au lendemain de la Seconde Guerre Mondial, à l’issue du Plan Marshall financé par les USA. Il a permis le relèvement rapide et prodigieux des pays d’Europe ravagés par la guerre suite à un apport massif de capitaux. C’est dans ce contexte que nait l’approche de l’aide pour financer le développement des pays qualifiés de sousdéveloppés. L’histoire de l’aide est intrinsèquement liée à celle du développement car l’idée de l’aide au développement est apparue en même temps que celle du développement. Ce financement a été à cette époque assuré par la BIRD et FMI en 19503.
L’objectif de l’aide était en ce temps la croissance économique des PED, à l’image du succès des pays d’Europe dans la période des « Trente Glorieuses » en vue d’un développement rapide. Mais la spirale de remboursement de la dette dans les années 80 voit les Institutions Financières Internationales à reconsidérer leur stratégie et mirent en place leur célèbre PAS qui fut un échec dans la plupart des pays qui l’ont appliqué. L’APD a pris un tout autre visage dans la fin des années 90. Le développement durable devient ainsi l’axe fondamental de la coopération pour le développement. En effet, les institutions de l’aide ont redéfini les besoins prioritaires des PED : les préoccupations sociales passent alors au premier plan au détriment de l’accumulation de capital pour l’entretien de la croissance. En vue d’atteindre les OMD d’ici 2015, la réduction de la pauvreté devient primordiale. Pour atteindre les objectifs ainsi fixés, l’efficacité de l’aide devient alors le centre de toutes réflexions. La préoccupation de faire de l’aide le plus efficace possible a fait naitre « la déclaration de Paris sur l’efficacité de l’APD » en 2005.
Définitions et objectifs de l’APD
« L’APD est une activité par laquelle des pays donateurs ou Institutions Financières Internationale font transiter vers des pays bénéficiaires des ressources publiques en vue de contribuer à leur développement4». Selon CAD, l’aide doit avoir pour but de favoriser le développement économique et l’amélioration du niveau de vie des PED ; Elle doit être assortie de condition favorable (taux d’intérêt inférieur à celui du marché) et un caractère concessionnel défini comme prêt ayant un élément de don d’au moins 25% (le taux d’escompte du CAD s’élèvent à 10%). La concessionnalité du prêt est déterminée par le calcul de l’élément de Don (ED) définie de la manière suivante : (Montant nominal du prêt – valeur actualisée)*100 ED(%) = (Montant nominal du prêt) Cependant, sont exclus de l’APD, les aides militaires, les opérations de maintien de la paix à l’exception de celles menées sous l’égide le l’ONU, la coopération policière ou encore la recherche sans lien avec le développement. Partie d’objectifs à caractères quantitatives, telle la recherche de l’accumulation du capital et de la croissance économique, l’aide au développement en est venue à des objectifs à caractères plus qualitatives, notamment pour le développement humain. Les objectifs de l’aide ont subit des évolutions dans le temps, selon les pays donateurs ou certainement en fonction des courants de pensée dominants, des réalités géopolitiques et économiques internationales. Ces objectifs portent essentiellement sur l’un ou la combinaison des éléments suivants :
– Le développement,
– La modernisation,
– La croissance économique,
– Le développement durable,
– Le renforcement la coopération et le partage,
– La lutte contre la pauvreté et la réduction des inégalités,
– La stimulation des investissements privés et de l’activité économique,
– L’intégration des pays pauvres dans la mondialisation.
Actuellement l’aide au développement est confrontée à la lourde tâche d’atteindre les OMD d’ici 2015. L’aide dont-il est question est dotée d’un mécanisme de fonctionnement, un mécanisme d’octroi qui sont développés ci-après.
Les mécanismes de l’APD
Les conditionnalités
L’aide n’est pas donnée a qui la veut, elle n’est pas non plus donnée quand le demandeur le désir. En effet, les donateurs soumettent l’octroi de l’aide au développement à différentes conditions. Ces dernières sont l’ensemble des mesures spécifiées par le donateur que les pouvoirs publics doivent mettre en œuvre dans une période convenue pour pouvoir prétendre à la continuité des flux d’aide extérieure. On distingue généralement deux niveaux de conditionnalité à savoir les conditions politiques et les conditions institutionnelles. Les conditions politiques se basent surtout sur la nécessité de mener des politiques économiques dans le but de maitriser les agrégats économiques tels que l’inflation, la croissance de la masse monétaire, de faire faire des réformes structurelles, de libéraliser l’économie et de privatiser les organismes parapublics.
Les conditions institutionnelle ont généralement trait à la bonne gouvernance, à l’engagement en faveur du développement du pays, au respect des droits de l’homme, au respect des principes démocratiques et l’Etat de droit, aux réformes institutionnels et à la lutte contre la corruption. Ces conditions sont à la base de la sélectivité des pays bénéficiaires. Elles limitent donc l’accès à l’APD pour certains pays. Quant aux pays donateurs, ils s’engagent suite à la Déclaration de Paris (2005) à augmenter leurs apports d’aide, à aligner leurs interventions sur les stratégies définies par les pays bénéficiaires et à harmoniser leur procédures pour réduire les coûts de transaction et d’assouplir les procédures de décaissement. L’objectif actuel des pays donateurs est de consacrer 0.7% de leur Revenu National8 à l’APD mondiale.
Les bénéficiaires de l’aide
La liste des pays éligibles à l’APD est déterminée par le CAD, organe de l’OCDE. Ce dernier comprend 23 pays donateurs et totalise 90% de l’APD mondiale. La liste des pays bénéficiaire de l’aide est révisée tous les 3 ans en fonction de l’évolution des RNB. Cette liste compte pour cette année 148 pays qui représentent 80% de la population mondiale et 40% de PIB mondial en parité du pouvoir d’achat (PPA). Ces pays sont répartis en 4 groupes en fonction de leur RNB, à savoir :
– Les pays les moins avancés (PMA), majoritairement composés des pays d’Afrique Subsaharienne, cette première catégorie représente 11% de la population mondiale et 2% du PIB mondial.
– Le deuxième groupe est constitué de pays dont le RNB/habitants est inferieur à 935$ US, représentant 25% de la population mondiale et 9% du PIB mondial
– Le troisième groupe de pays ayant un revenu intermédiaire : 936$US<RNB<3705$US, représentant 35% de la population mondiale et 20% du PIB mondiale.
– Enfin le dernier groupe à revenu tel que 3706$US<RNB<11455$US, représentant 7% de la population mondiale et 7% du PIB mondial.
INTRODUCTION |
