LA REAPPARITION DU CHRIST L’ATTENTE MONDIALE
Dieu Transcendant, plus grand, plus vaste que le monde qu’Il a créé, est universellement reconnu et c’est sur cette transcendance que l’accent est généralement mis ; toutes les religions peuvent répéter avec Shri Krishna (parlant comme Dieu, le Créateur) : « Ayant imprégné l’univers d’une parcelle de Moi- même, je demeure ». Ce Dieu Transcendant a dominé la pensée de millions de personnes religieuses simples, portées aux choses de l’esprit, au cours des siècles qui se sont écoulés depuis que l’humanité commença à aspirer au Divin.
Lentement, la conscience humaine s’éveille à la grande vérité parallèle, celle du Dieu Immanent, imprégnant divinement toutes les formes, conditionnant de l’intérieur tous les règnes de la nature, s’exprimant par l’intermédiaire des êtres humains, et qui, il y a deux mille ans, révéla Sa nature en la personne du Christ.
Aujourd’hui, comme conséquence du développement de cette divine Présence, un concept nouveau se fait jour, de toutes parts, dans les esprits humains : celle du « Christ en nous, l’espérance de la gloire ». (Col., I, 27.) La certitude que le Christ est en nous, comme Il était dans le Maître Jésus, grandit et s’affermit, et cette certitude transformera les affaires du monde et modifiera l’attitude du genre humain envers la vie.
L’émerveillement ressenti devant cette existence vécue il y a deux mille ans, est toujours vivant en nous et n’a rien perdu de sa fraîcheur ; elle est pour nous une inspiration, un espoir, un encouragement et un exemple éternels. L’amour [8@37] que le Christ démontra, exerce encore sa fascination sur tous ceux qui pensent, même s’ils sont relativement peu nombreux ceux qui, suivant son exemple, s’efforcèrent réellement d’exprimer la même qualité d’amour – un amour qui mène infailliblement au service de l’humanité, au complet oubli de soi et à une existence magnétique et rayonnante.
Il parla peu et simplement ; et tous les hommes peuvent comprendre Ses paroles ; mais leur signification s’est en grande partie obscurcie dans les formules compliquées et les discussions de saint Paul et dans les interminables controverses des théologiens depuis que le Christ vécut et nous quitta, ou plutôt, sembla nous quitter.
Cependant, aujourd’hui, le Christ est plus proche de l’humanité qu’il ne le fut jamais au cours de l’histoire humaine, plus proche que ne le croit le disciple le plus ardent, le plus rempli d’espoir. Il peut se rapprocher davantage encore, si ce qui est écrit ici est compris et porté à la connaissance des hommes, en tous lieux. Car le Christ appartient à l’humanité, au monde des hommes, et non pas uniquement aux Eglises et aux croyances religieuses répandues dans le monde.
Autour de Lui, dans le Haut Lieu où Il réside sur terre, sont rassemblés, en ce moment Ses Grands Disciples, les Maîtres de la Sagesse et tous ces Fils de Dieu libérés qui au cours des âges ont passé des ténèbres à la Lumière, de l’irréel au Réel, de la mort a l’Immortalité. Ils se tiennent prêts à exécuter Son commandement et à obéir au Maître de tous les Maîtres, Instructeur des anges et des hommes. Les représentants et les fondateurs de toutes les religions du monde attendent en ce lieu de pouvoir révéler, sous sa direction, à tous ceux qui aujourd’hui luttent dans la tourmente du monde et cherchent à en résoudre la crise, qu’ils ne luttent pas seuls. Le Dieu Transcendant travaille, à travers le Christ et la Hiérarchie spirituelle, à apporter aide et secours, et Dieu Immanent dans tous les hommes est sur le point de manifester certaines merveilleuses révélations.
La grande succession Apostolique des Connaisseurs de Dieu est prête aujourd’hui pour une activité renouvelée. [8@38] C’est la longue suite de Ceux qui ont vécu sur terre, accepté le fait du Dieu Transcendant, découvert la réalité du Dieu Immanent, exprimé dans leurs propres vies les divines caractéristiques de la vie du Christ (parce qu’Ils ont vécu sur terre comme Lui y a vécu et y vit encore), qui ont « pénétré pour nous derrière le voile, nous laissant un exemple afin que nous aussi, nous suivions Ses traces » et les Leurs. Nous aussi, finirons par appartenir à cette Grande Succession.
Bouddha Lui-même Se tient derrière le Christ, reconnaissant humblement l’œuvre divine que ce dernier est sur le point d’accomplir, et surtout à cause de l’imminence de cette réalisation spirituelle. Non seulement tous ceux qui fonctionnent consciemment dans le royaume de Dieu sont au courant de Ses Plans, mais ces Grands Etres spirituels Qui vivent et demeurent dans « la Maison du Père », dans ce « Centre où la volonté de Dieu est connue », sont aussi mobilisés et organisés en vue de L’assister dans son travail. La lignée spirituelle de la Succession, depuis le trône de « l’Ancien des Jours » jusqu’au plus humble disciple, assemblé avec d’autres aux pieds du Christ, est aujourd’hui concentrée sur la tâche d’aider l’humanité.
Le grand moment qu’Il a si patiemment attendu approche ; la « fin de l’âge » auquel Il a fait allusion en parlant à Son petit groupe de disciples : « Voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde », est là. Aujourd’hui, Il attend sachant que l’heure est venue où « Il verra s’accomplir le travail de Son âme et sera satisfait ». (Is, LIII, 11.)
L’entière lignée spirituelle des Fils de Dieu est en attente et en préparation. « La Hiérarchie attend ». Elle a fait tout ce qui était possible, étant donné les conditions actuelles. Le Christ attend dans un silence patient, attentif à l’effort [8@39] qui matérialisera Son œuvre sur terre et Lui permettra de consommer l’effort qu’Il entreprit en Palestine, il y a deux mille ans. Bouddha veille sur notre planète, prêt à jouer Son rôle, si l’humanité Lui en offre l’occasion. Tout dépend maintenant de l’action efficace des hommes de bonne volonté.
De la Maison du Père, (le « Centre où la Volonté de Dieu est connue », ou Shamballa selon les ésotéristes) le fiat a retenti : L’heure est venue. Du Royaume de Dieu, ou règne le Christ, la réponse a été : « Père, que Ta volonté soit faite ». De notre monde malheureux, en proie à la lutte et à la confusion, s’élève sans cesse la prière : « Puisse le Christ revenir sur terre. » Dans les trois grands centres spirituels : la Maison du Père, le Royaume de Dieu et l’Humanité qui s’éveille, il n’y a qu’un seul but, une seule idée, une grande attente commune.
Il est essentiel qu’aujourd’hui l’on en sache plus long au sujet du « Centre où la Volonté de Dieu est connue ». Il serait bon que le public possédât une certaine compréhension de ce centre spirituel suprême, auquel – si nous en croyons l’Evangile – le Christ lui-même était toujours attentif. Nous lisons à maints endroits dans le Nouveau Testament, que « le Père Lui parla », ou qu’Il entendit une Voix « que les autres ne percevaient pas », ou que les paroles retentirent « Voici mon Fils Bien-Aimé ». A plusieurs reprises nous lisons que le sceau de l’affirmation (comme on l’appelle spirituellement) Lui fut donné. Seul, le Père, le Logos Planétaire, Celui en Qui « nous avons la vie, le mouvement et l’être » (actes, XVII, 28) le Seigneur du Monde, l’Ancien des Jours (Dan, VII, 9) peut prononcer cette affirmation finale. Comme on le sait, il y a cinq crises ou initiations qui se réfèrent au Maître Jésus – la Naissance à Bethléem, le Baptême, la Transfiguration, la Crucifixion et la Résurrection – mais, derrière cet enseignement évident et pratique, se cache l’idée sous-jacente [8@40] de quelque chose de bien plus élevé et d’une importance beaucoup plus grande : la Voix affirmative du Père, reconnaissant ce que le Christ a fait.
Quand, au cours des deux mille années qui viennent, le Christ complétera l’œuvre commencée il y a deux mille ans, la Voix affirmative se fera sûrement entendre à nouveau, et la divine reconnaissance de Sa venue sera accordée. Alors, le Christ recevra cette prodigieuse Initiation dont nous ne savons rien, sinon que deux aspects divins se fusionneront et se fondront en Lui (l’amour-sagesse en pleine manifestation, motivé par la volonté ou puissance divine). Alors, le Bouddha et le Christ passeront ensemble devant le Père, le Seigneur du Monde ; ensemble Ils verront la Gloire du Seigneur et passeront enfin à un Service supérieur dont la nature et l’ampleur nous sont inconnues.
Je n’écris pas ici dans un esprit fanatique ou sectaire ; je ne parle pas comme un théologien spéculatif ou un défenseur d’une phase de pensée religieuse utopique. Je parle, parce que beaucoup savent que les temps sont mûrs et parce que l’appel des cœurs simples, fidèles, a pénétré dans la plus haute sphère spirituelle, et a mis en mouvement des énergies et des forces, qui ne peuvent plus être arrêtées. L’invocation de l’humanité en détresse a atteint aujourd’hui une telle ampleur et une telle force que – unies à la sagesse et à la connaissance de la Hiérarchie spirituelle – elle a suscité certaines activités dans la Maison du Père. Celles-ci auront pour résultat la Gloire de Dieu, la transformation de la divine volonté-de-bien en bonne volonté humaine et, par conséquent, la paix sur terre.
Un nouveau chapitre est sur le point d’être écrit dans le grand livre de la vie spirituelle ; une nouvelle expansion de conscience est imminente ; une nouvelle preuve d’attention divine est maintenant accessible à l’humanité et une attente révélatrice prouvera l’exactitude de l’affirmation biblique : « Tout œil Le verra. » (Apoc., I, 7.) La démonstration d’une vie religieuse ou l’histoire spirituelle de l’humanité peut se [8@41] résumer pour nous en une série de faits connus : 1° le fait de Ceux qui ont constitué à travers les âges la Succession Apostolique, culminant pour nous dans les Grands Chefs spirituels apparus parmi nous depuis sept cents ans avant Jésus-Christ pour fonder les grandes religions mondiales modernes et – par-dessus tout autre – le Christ Lui-même, Qui incarna la perfection de Dieu Immanent tout en étant conscient du Dieu Transcendant ; 2° le fait de l’existence de ces trois grands concepts spirituels d’amour, de la Vie et de relations mutuelles, qui ont toujours subsisté à l’arrière-plan de la pensée humaine et qui sont maintenant sur le point de trouver leur juste expression ; 3° le fait de la véritable fraternité humaine, basée sur la Vie divine, opérant dans l’âme et s’exprimant à travers l’humanité. Cette série de faits résume bien l’étroite relation existant entre la Vie divine à travers le monde, d’une part, et le genre humain lui-même, de l’autre. C’est cette attitude spirituelle croissante qui permettra de justes relations entre les hommes et établira enfin la paix dans le monde.
Aujourd’hui, une autre reconnaissance devient possible, c’est celle, qui a lieu partout, du retour imminent du Christ (pour autant que l’on puisse parler du « retour » de Celui qui ne nous a jamais quittés) ainsi que des nouvelles occasions spirituelles que cet événement rendra possibles.
La base de cette attente se trouve dans la conviction intime, profondément enracinée dans la conscience humaine, qu’un Grand Instructeur, un Sauveur, Révélateur, Législateur ou Représentant divin doit surgir du monde des réalités spirituelles, en réponse au besoin et à l’invocation de l’humanité. Toujours, il en fut ainsi au cours des siècles ; toujours, à l’heure où l’homme était dans le plus grand besoin et invoquait une intervention sous des noms divers, un Fils de Dieu est venu. C’est ainsi que vint le Christ et, apparemment, Il nous quitta, laissant Son œuvre inachevée et Ses projets pour l’humanité irréalisés. Pendant deux mille ans, Son travail [8@42] semble être interrompu, frustré, et demeuré sans grand résultat, car la croissance des églises, au cours des siècles, n’est nullement la garantie du succès spirituel qu’Il avait en vue.
Il fallait plus que des interprétations théologiques, plus que la croissance numérique des religions mondiales (y compris le christianisme et le bouddhisme), pour prouver le succès de Sa Mission mondiale. La mise en pratique de l’enseignement du Christ était impossible à l’époque de Son avènement, parce que trois conditions essentielles faisaient défaut ; mais celles-ci sont aujourd’hui réalisées.
Premièrement, une condition planétaire générale qui, malheureusement (à cause de l’égoïsme des hommes), s’est révélée d’une nature si catastrophique que l’humanité a été contrainte de reconnaître la cause et la source du désastre ; secondement, un réveil spirituel qui devait naître des tréfonds de la conscience humaine, et que nous constatons aujourd’hui comme résultat de la grande guerre mondiale 1914-1945 ; troisièmement, l’invocation, prière ou demande qui s’élèvent toujours plus ardentes vers les Sources spirituelles élevées, quel que soit le nom donné à ces sources.
Aujourd’hui, ces trois conditions ont été remplies et l’humanité fait face à une occasion renouvelée. Personne n’a échappé au désastre universel qui a bouleversé l’humanité d’une manière ou d’une autre, physiquement, économiquement ou socialement, tous ont été atteints. Partout le réveil spirituel des hommes (au sein des confessions officielles et, largement, en dehors d’elles) est général et complet ; partout l’on peut observer un retour à Dieu. Finalement, ces deux causes ont fait surgir – comme jamais auparavant – l’invocation de l’humanité ; elle est plus distincte, plus pure et plus désintéressée qu’elle ne l’a jamais été au cours de l’histoire humaine, parce qu’elle naît d’une pensée plus claire et d’une détresse commune. Un réel sentiment religieux émerge à nouveau dans le cœur de tous les hommes ; cette reconnaissance d’un espoir divin [8@43] ramènera peut-être les hommes aux églises et aux confessions constituées, mais elle les ramènera très certainement a Dieu.
